Η Μπιφέ μπόρεσε όμως να πείσει ότι οι αλλαγές χρειάζονται πίστωση χρόνου κι ότι είναι σε θέση να τις εκπληρώσει. Δύο προσωπικότητες της αριστεράς, η Αρλέτ Λαγκιγιέ και ο ηγέτης του νέου «Κόμματος της αριστεράς», Ζαν Λικ Μελανσόν, την υποστήριξαν. Εδωσαν το παρών στο συνέδριο των κομμουνιστών και τόνισαν ότι το Κ.Κ. εξακολουθεί να παίζει σημαντικό ρόλο και να μετράει στον πολιτικό χώρο με την εκτεταμένη του εκπροσώπηση σε τοπικό και συνδικαλιστικό επίπεδο.
AFP/MEHDI FEDOUACH
La secrétaire nationale du Parti communiste français, Marie-George Buffet, le 11 décembre à la Défense, au premier jour du congrès du parti.
Marie-George Buffet reste à la tête d’un PCF divisé
Marie-George Buffet a été réélue à la tête du PCF, dimanche 14 décembre. Les 873 délégués lui ont cependant offert un score terne. La secrétaire nationale a été reconduite avec 67,7 % des suffrages contre 91 % deux ans plus tôt.
Ce score, comme la participation faible des adhérents aux congrès locaux, montre une profonde division et un certain découragement de la base militante. “Nous avons réussi avec ce congrès quelque chose de grand”, a-t-elle cependant crâné à l’issue des travaux, assurant que “ c’est une très large majorité et nous finissons rassemblés”.
La réalité est quelque peu différente. Face à sa liste, trois autres avaient été déposées : celle d’André Gerin, député du Rhône “orthodoxe”, qui bataille contre “l’abandon de l’identité communiste” (10,2 % des voix) ; celle de Nicolas Marchand, ancien fidèle de Georges Marchais et dénonce les “renoncements successifs” de Mme Buffet ; celle enfin conduite par la secrétaire fédérale des Hautes-Pyrénées, Marie-Pierre Vieu. Fruit d’une nouvelle alliance des communistes unitaires et des amis de Jean-Claude Gayssot, ce pôle des dits “transformateurs” a créé l’événement en bataillant longuement contre le “repli identitaire” proposé par Mme Buffet et son refus d’ouvrir le débat sur la “ transformation” du parti.
Après deux jours de débats, les “transformateurs” ont convaincu au-delà de leurs fidèles en remportant 16,4 % des suffrages. Une partie de la majorité leur a discrètement apporté ses voix alors que la direction a cédé aux pressions des plus identitaires en supprimant toute référence à la “métamorphose” nécessaire du PCF. “Ce score est le signe d’un désir d’un vrai changement dans le PCF”, notait Patrice Cohen-Seat, membre de la direction, ancien allié de Mme Buffet. “La diversité est souhaitée par les militants”, s’est réjouie Mme Vieu.
“FRONT DE GAUCHE”
En proposant de “poursuivre le renforcement” du Parti communiste tout en lançant un “front de gauche” pour les Européennes avec d’autres forces, la secrétaire nationale n’a pas convaincu.
A 59 ans, la numéro un sort affaiblie d’un congrès où toutes les options sont encore sur la table : continuer sur une ligne de réaffirmation du PCF ? Aller vers une transformation, voire une fusion dans une force politique plus large avec la gauche radicale ? Les débats n’ont pas été tranchés.
La secrétaire nationale a tenté de donner le change en affirmant vouloir une direction “renouvelée et rajeunie”. Elle a annoncé la mise en place d’un “collectif” de direction, emmené par Pierre Laurent, directeur de la rédaction de l’Humanité, et affirmé qu’elle partirait d’ici un à deux ans.
Elle va tenter aussi de faire oublier le déclin de son parti à l’occasion des élections européennes de juin prochain en présentant des listes avec Jean-Luc Mélenchon et l’ensemble des forces qui étaient rassemblées dans le “non de gauche” en mai 2005. “Nous allons relever le défi de l’alternative au système capitaliste”, a-t-elle lancé.
Mais elle risque d’être à la peine : en janvier, Olivier Besancenot lance son Nouveau Parti anticapitaliste qui attire déjà une partie de la gauche critique. Selon les enquêtes d’opinion il est aujourd’hui crédité d’environ de 8 % des intentions de vote.
